Traditionnellement, le mois de mai est dédié à la Mère du Seigneur et notre Mère. À l’Annonciation,?l’Esprit la couvrit de son ombre et elle enfanta le Messie, car rien n’est impossible à Dieu. On pourrait dire : rien d’impossible à l’humanité quand elle laisse agir l’Esprit de Dieu.
Chaque jour, comme à la Pentecôte où Marie priait avec les apôtres au cénacle, l’Esprit est à la manœuvre. Invisible comme l’air qu’on respire, nul ne sait ni d’où il vient ni où il va, mais qu’on cesse d’en remplir nos poumons… et l’on meurt !
Sans l’Esprit, nous survivons, nous ne vivons pas vraiment. Sans lui, l’existence perd son sens, son relief, son espérance. L’Église devient une institution parmi d’autres, la paroisse une association de bonnes volontés, mais sûrement pas ce qu’elle est appelée à être : le Royaume en marche, une communion de saints en devenir, un lieu de pardon et de paix.
Ami lecteur, si toi aussi, en ce moment, tu te sens à bout de souffle, ne crains pas. Reste ouvert. Même sec, froid, durci par les épreuves, crois, prie, espère. Le jour où tu ne t’y attendras pas, ton cœur se remettra à brûler d’une énergie douce et forte, d’une lumière qui réchauffe, éclaire et rayonne.
Tu te vois comme un piètre croyant ? L’Esprit te mettra à son école. Il mettra ses paroles dans ta bouche, comme il l’a fait pour tant d’autres auparavant. Chacun a sa langue, son histoire, sa culture, et pourtant l’Esprit rend possible la compréhension mutuelle. Les mots diffèrent, mais la substance est la même : la Bonne Nouvelle du salut, la Vie en Jésus, la Vérité qui libère, le langage universel de l’Amour.
Pour les trente-et-un prochains jours – et au-delà ! – prenons chez nous celle qui a laissé l’Esprit la façonner. Et lorsque le mois de mai s’éclipsera avec la Visitation, souvenons-nous de la Vierge Marie, empressée de servir et de se réjouir dans le Seigneur. Une telle joie est missionnaire : elle met en route, elle gagne les cœurs et soulève le monde.
Heureux sommes-nous : la Mère du Sauveur marche avec nous !

