Unis pour rassembler au nom de Jésus

Lundi saint, 30 mars 2026, l’archevêque de Toulouse a publié une lettre pastorale intitulée : « Unis pour rassembler au nom de Jésus ». Dans le prolongement de l’année jubilaire, Mgr Guy de Kerimel indique le cap spirituel et pastoral pour les années à venir à partir du verset évangélique : « Rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52). En quatre parties, le Pasteur diocésain propose une véritable méditation sur la vocation de notre Église à vivre la communion et la mission.

I. L’unité : nous formons un seul corps dans le Christ

L’unité est le cœur battant de la vie chrétienne. Mgr de Kerimel rappelle que l’Église est le signe du rassemblement des enfants de Dieu dispersés. Cette unité n’est pas uniformité : elle est communion dans la diversité, et reflet du mystère trinitaire.  « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi. » (Jn 17, 21)

Chaque baptisé, chaque vocation, chaque service contribue à la vitalité du Corps du Christ. L’unité est à la fois don et mission?: elle se reçoit dans la prière et se construit dans la charité. Elle appelle à dépasser les frontières, à vivre la fraternité entre paroisses, mouvements et communautés. « Nous sommes rassemblés pour rassembler », écrit Mgr de Kerimel, résumant la vocation de l’Église diocésaine.

II. La personne humaine dans sa vocation communautaire

Au cœur de la lettre, l’archevêque rappelle la dignité de chaque personne?: créée à l’image de Dieu, elle est appelée à vivre en relation. La vocation chrétienne est communautaire : nul ne se sauve seul. L’Église est le lieu où la liberté personnelle s’épanouit dans la fraternité, où chacun trouve sa place et son rôle.

« L’unité se construit dans la reconnaissance de la dignité de chacun », affirme Mgr Guy de Kerimel, qui invite à une pastorale de l’écoute et de l’accompagnement. Il s’agit d’accueillir sans juger, de soutenir sans exclure, de cheminer ensemble. Cette attention à la personne est le fondement de toute communion : rassembler, c’est reconnaître en l’autre un frère.

III. Prendre soin les uns des autres

L’unité se vit dans le soin mutuel. Prendre soin, c’est manifester la tendresse de Dieu : envers les pauvres, les malades, les personnes isolées, les blessés de la vie. « Prendre soin, c’est reconnaître en l’autre la présence du Christ souffrant et glorieux. »

Mgr de Kerimel appelle ainsi à une pastorale de la miséricorde et de la proximité, où la compassion devient un langage commun.  Ce soin est un acte spirituel : il transforme le cœur de celui qui donne et de celui qui reçoit. Par-là, nos communautés sont invitées à devenir des espaces de guérison et de dialogue, où la prière soutient et la charité se fait concrète. Ainsi, l’unité devient visible dans les gestes simples : une écoute, une visite, une main tendue.

IV. « Qui enverrai-je ? » – L’unité au service de la mission

La lettre se termine sur un vibrant appel à la mission. L’unité n’est pas une fin en soi : elle est au service de l’annonce de l’Évangile. Une Église rassemblée devient témoin crédible de la Bonne Nouvelle : « Afin que le monde croie » (Jn 17, 21).

« Qui enverrai-je ? – Me voici ! » (Is 6, 8) Tout baptisé est appelé à répondre à cet appel : être envoyé pour témoigner du Christ dans le monde. La mission naît de la communion: c’est ensemble, unis dans la prière et la charité, que nous pouvons être porteurs d’espérance.« Tout vient du Dieu unique, Père, Fils et St Esprit, et tout conduit à la communion dans l’Amour divin. » Cette conclusion ouvre un horizon de joie : une Église qui rassemble pour servir, qui sert pour aimer, et qui aime pour que le monde croie.

Irène Abadie

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