ENTRER DANS L’ALLIANCE D’AMOUR AVEC LE CHRIST
Samedi prochain, 9 mai 2026, les enfants de CM2 vont se préparer à recevoir la première des communions lors d’une retraite au presbytère de Léguevin.
Pourquoi on mange le corps du Christ ? Jésus ne nous a pas seulement laissé un symbole. À la messe, le pain et le vin deviennent réellement son Corps et son Sang. C’est ce que l’Église appelle la Présence réelle. Le Seigneur a voulu rester avec nous d’une manière unique : il se donne en nourriture pour nous unir à lui et nous donner sa vie. Il l’a fait en se livrant en sacrifice sur la croix.
Pourquoi dit-on que ce sacrifice symbolise une nouvelle alliance entre Dieu et les hommes ? Pour bien comprendre le sens de ce sacrifice, revenons sur la notion de péché originel. Qu’est-ce que le péché originel ? Comment se transmet-il de génération en génération ? Le péché originel vient du récit du livre de la Genèse (chapitre 3). Dieu crée l’homme et la femme pour vivre en amitié avec lui, dans le jardin d’Éden. Mais le serpent pousse Ève puis Adam à manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, que Dieu avait interdit. Ce geste symbolise quelque chose de profond : l’homme veut décider par lui-même ce qui est bien ou mal, sans Dieu. Autrement dit : vouloir prendre la place de Dieu.
Ce que signifie réellement le péché originel
L’Église n’enseigne pas seulement qu’un acte a été commis au début de l’histoire. Elle enseigne surtout qu’à partir de là, l’humanité a perdu quelque chose :
• la relation harmonieuse avec Dieu
• l’harmonie intérieure
• l’harmonie entre les hommes
• l’harmonie avec la création
Concrètement cela se voit dans l’expérience humaine :
• nous savons ce qui est bien, mais nous avons du mal à le faire
• nous sommes attirés par l’égoïsme, la violence, la jalousie, la domination
• la mort et la souffrance sont entrées dans la condition humaine
Saint Paul l’exprime très bien dans l’épître aux Romains : « Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas » (Rm 7,19)
Pourquoi on l’appelle “originel”
Il est appelé originel pour deux raisons :
1. Il est à l’origine de l’histoire humaine blessée.
2. Il est transmis à tous les hommes (non pas comme une faute personnelle, mais comme une condition).
On pourrait dire que l’humanité naît dans une relation à Dieu abîmée.
Une manière simple de comprendre
On peut imaginer l’humanité comme :
• un arbre dont la racine a été blessée
• tous les fruits portent la trace de cette blessure
Le Christ vient greffer une vie nouvelle dans cet arbre.
Celui qui vient guérir le péché originel.
Lors de son dernier repas avec ses disciples, Jésus prend du pain et dit : « Voici mon corps livré pour vous. »
Mais une question se pose : qui est ce “vous” ?
Ce « vous », ce ne sont pas seulement les douze apôtres qui sont autour de la table ce soir-là. Ce « vous », c’est toute l’humanité. C’est chaque homme, chaque femme, chaque enfant. C’est aussi nous aujourd’hui.
Quand Jésus dit ces paroles, il annonce qu’il va donner sa vie par amour pour les hommes. L’Eucharistie nous rappelle ce don immense : Jésus offre sa vie pour sauver l’humanité.
Dans la Bible, saint Paul explique que le Christ est la tête et que les hommes sont le corps. Cela signifie que Jésus veut être uni aux hommes comme la tête est unie au corps. Ensemble, ils ne forment qu’un seul corps.
Jésus est la tête de ce corps. Lui n’a jamais fait de mal : il aime toujours et il fait toujours le bien. Mais le corps, c’est-à-dire les hommes, porte aussi le poids du péché : la jalousie, la violence, le mensonge et toutes les fois où les hommes refusent d’aimer.
Jésus accepte de porter ce poids pour nous sauver.
C’est pour cela que, la veille de sa mort, au jardin de Gethsémani, Jésus entre dans une grande angoisse. Il comprend tout ce qu’il va devoir affronter : la haine, l’injustice et la souffrance. L’Évangile raconte que son angoisse est si grande que sa sueur devient comme des gouttes de sang.
Jésus a peur, comme tout être humain peut avoir peur devant la souffrance et la mort. Alors il prie son Père et dit : « Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi. » Mais Jésus ajoute aussitôt : « Que ta volonté soit faite. »
Cela signifie qu’il choisit d’aimer jusqu’au bout, même si cela doit lui coûter la vie.
Quand Jésus est arrêté, jugé et condamné, la haine se déchaîne contre lui. Pourtant, sur la croix, Jésus ne répond pas à la haine par la haine. Il répond par l’amour. Il va même jusqu’à pardonner à ceux qui lui font du mal et il dit : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »
C’est là que se trouve le cœur du message chrétien : l’amour de Jésus est plus fort que la haine et que le mal du monde. La victoire du Christ sur la croix est la victoire de l’amour sur toutes les haines et sur tout le mal du monde.
Dieu voit cet amour immense de son Fils, un amour qui va jusqu’au pardon et jusqu’au don total de sa vie. Cet amour est plus fort que tous les péchés des hommes. Alors Dieu ouvre de nouveau les portes du paradis. Grâce à Jésus, les hommes peuvent revenir vers Dieu et redevenir ses amis.
Mais pour entrer dans cette alliance, il faut accepter l’amour que Jésus nous offre. C’est pour cela que nous recevons le baptême. Par le baptême, nous devenons membres du Christ, comme les membres d’un même corps. Nous devenons aussi enfants de Dieu.
Ensuite, Jésus nous donne l’Eucharistie. Chaque fois que nous communions, nous recevons la vie de Jésus dans notre cœur. Cela nous aide à grandir dans l’amour et à vivre comme lui. Ainsi, lorsque nous entendons à la messe les paroles : « Voici mon corps livré pour vous », nous pouvons comprendre que Jésus nous dit personnellement : « Je t’aime tellement que j’ai donné ma vie pour toi. » Et il nous invite à répondre à cet amour en apprenant, nous aussi, à aimer les autres.
Dans la foi chrétienne, Jésus est vu comme le nouvel Adam. Là où Adam a introduit la rupture avec Dieu, le Christ vient restaurer la communion. C’est pourquoi saint Paul écrit : « De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde… par un seul homme aussi vient la vie. » (Romains 5)
Le baptême est compris comme la guérison de cette blessure originelle et la communion comme le renouvellement de cette alliance.
Xavier L.

