De l’angoisse à la lumière, ma rencontre avec le Seigneur
Un jeune homme de Pibrac, baptisé à Pâques dernier, revient sur le parcours qui a bouleversé sa vie. Un témoignage à cœur ouvert…
Je suis né en 1998 dans une famille agnostique où Dieu n’avait pas vraiment de place, Jésus n’existait pour moi que dans les dates sur les frises chronologiques des livres d’histoire ou parmi les figurines de la crèche de Noël, sous le sapin de mes grands-parents. L’Église me semblait être une affaire lointaine et la messe n’était à mes yeux qu’une tradition poussiéreuse. Pourtant, me voilà aujourd’hui en train d’écrire ces lignes. Si l’on m’avait dit il y a quelques années que j’en serais là, je ne l’aurais pas cru un seul instant.
Je n’éprouvais pas un ardent rejet de Dieu : il était pour moi tout bonnement superflu. Probablement même une invention de l’Homme, désespéré et dans le besoin d’un sauveur ou d’un sens à donner à sa vie. Il m’apparaissait tout à fait possible, voire normal, de vivre sans Dieu puisqu’il n’était que subsidiaire ; et c’était très bien ainsi : « Oh et puis tant que certains peuvent y trouver un refuge, tant mieux ! Ça ne fait pas de mal. » Même si je l’avoue, la foi des croyants avait tendance à m’ennuyer… Comment pouvaient-ils sérieusement y croire ? Tel était, en résumé, l’état d’esprit qui a marqué la majeure partie de ma jeune vie, et ce malgré une scolarité essentiellement effectuée dans le privé catholique, entouré de religieuses Filles de la Croix.
À l’aube de ma vie étudiante, alors que je venais d’entamer ma dix-huitième année, tout a changé. D’ordinaire plutôt serein – certains me disaient stoïque, d’autres flegmatique – ma personnalité s’est métamorphosée en l’espace de quelques mois. De manière assez brutale, j’ai perdu deux de mes trois grands-parents restants à seulement cinq mois d’intervalle. Étant de nature sensible, les chocs successifs m’ont laissé des séquelles profondes : une crise existentielle et un trouble anxieux qui s’est petit à petit généralisé. Pendant huit longues années, j’ai oscillé entre périodes calmes et rechutes, suivis psychologiques, médicaux et traitements médicamenteux. Tout me demandait un effort considérable, sortir de chez moi était devenu une épreuve épuisante, et toute projection dans l’avenir se révélait impossible. Je vivais avec la sensation constante d’être enfermé dans une pièce dont les parois ne cessaient de se rapprocher… Le jeune garçon autrefois d’une tranquillité déconcertante avait disparu, englouti derrière son propre regard désormais assombri.
C’est alors que Dieu m’a tendu la main, sans prévenir, au détour d’une rencontre professionnelle. Une collègue de l’équipe que je venais d’intégrer, Daniella – protestante baptiste – voyant les stigmates que ma vie de crainte avait creusés sur mon visage, m’a proposé une écoute bienveillante si je ressentais le besoin de déposer un instant mon fardeau. J’ai donc accepté et lui ai tout confié. Je ne m’attendais pas forcément à une réponse, mais espérais intérieurement entendre d’elle des conseils avisés… Elle s’est simplement contentée de me dire : « Je prierai pour toi. » Sur le moment, cette réponse m’a presque déçu… Le désespoir de trouver une vraie solution m’envahissait et cette intention de prière, aussi touchante soit-elle, me semblait dérisoire.
Mais que n’avais-je pas pensé ! Quelques secondes auront suffi pour que je vive l’expérience la plus bouleversante de ma jeune existence. Ce que j’ai reçu ce jour ne peut être nommé autrement qu’effusion de grâce. La chaleur à la fois douce et fulgurante d’une flamme incisive s’est répandue en moi depuis mon cœur, transpercé d’un amour parfait, transcendant absolument tout ce que le monde pouvait offrir, que l’univers même pouvait contenir – jusqu’à réveiller mon âme jusqu’alors endormie.
Ma vie n’a pas été radicalement transformée à cet instant, mais mon cœur, lui, s’est entièrement tourné vers quelqu’un qu’il ne connaissait pas encore : Jésus Christ. Et c’est cet élan nouveau, cet amour ancré dans l’espérance, qui m’a poussé pendant plus d’un an à rechercher sans relâche à le connaître : Qui était-il ? Qu’avait-il fait ? Que signifiait son passage sur la Terre ? Pourquoi son nom avait tant marqué l’histoire ? Les récits de sa vie sont-ils fiables ? Mais surtout comment pouvait-il encore agir et se manifester dans la vie des hommes et des femmes ?
C’est à l’issue de cette recherche, une fois mes limites atteintes, que je suis allé frapper à la porte du prieuré de Pibrac pour exposer ma démarche et mes questions à un prêtre. Le catéchuménat m’a alors été présenté comme une possibilité d’étancher ma soif de Dieu et de trouver les réponses que je recherchais en intégrant un petit groupe pour, peut-être trouver le chemin vers la vérité, mais aussi retrouver le chemin de la vie.
Un an plus tard, je frappais à la porte de l’Église pour être officiellement accueilli comme catéchumène devant la communauté paroissiale. Finalement, lors de la Vigile Pascale de cette année, j’ai eu la joie d’être baptisé et de renaître en Christ. En recevant ce sacrement, j’ai laissé derrière moi les violentes crises de panique qui m’assaillaient, ainsi que la dépendance aux tranquillisants qui m’enchaînaient. Les chaleureux rayons du Soleil ont totalement déchiré l’épais brouillard de ma prison pour embraser mon cœur, m’apportant clarté et sérénité qui me faisaient si cruellement défaut.
Merci Seigneur d’avoir mis Daniella sur mon chemin. Son intercession, aussi discrète qu’assumée, m’a permis de te rencontrer et d’être arraché à ce qui me retenait prisonnier. Sans elle, et surtout sans toi, je n’aurais certainement jamais trouvé le chemin du baptême, et toi seul sais où j’en serais aujourd’hui… Pour tout cela et plus encore, merci Seigneur Jésus !
T.B.

