Il était une foi…

Le Christ est toujours là

Une jeune femme de la paroisse se confie à cœur ouvert. Écoutons-la.

Il m’a été donné de ressentir l’amour de Dieu pour moi. Un amour immense, inexplicable. Et pourtant… je suis partie bien loin de Lui. J’étais profondément en colère de ce que j’avais vécu dans ma vie. Je lui en voulais, terriblement, froidement. Pas au moment des épreuves, non. Quand j’en suis sortie.
Lorsque j’étais en plein dedans, Il était là. Il était là quand j’étais seule, au fond de ma chambre d’hôpital. Il était là quand l’aumônier me portait l’Eucharistie, répétant inlassablement : « Je serai avec vous, dit Jésus, aujourd’hui et jusqu’à la fin du monde ». Cette phrase résonnait et résonne encore en moi aujourd’hui. Comme un rappel… Il est ET sera toujours là.
Puis je suis sortie de ce cauchemar et là, j’ai commencé à éprouver une sourde colère. Mon cœur s’est fermé, lentement mais sûrement. Il s’est fermé à l’autre, à la relation et finalement (logiquement…) au Christ. Parce que si mon cœur est fermé pour mon prochain, alors il est fermé pour Jésus. C’est implacable. Je ne voulais ne rien devoir à personne, si ce n’est à moi-même. Et je me refermais énormément. Mais, la communauté m’a permis de maintenir un lien (une présence) avec Jésus, que je ne pouvais maintenir moi-même. J’en étais incapable.
Je crois que Jésus permet qu’on s’éloigne pour purifier notre foi. Je crois que, grâce à Jésus, ma foi est un peu meilleure qu’hier, et sûrement bien pire que demain. Mais c’est peut-être là tout le chemin. Purifier sa foi, c’est purifier son lien aux autres. Car c’est bien cela la foi : un lien. Il faut accepter que le péché, notre péché, mais surtout mon propre péché, tout cela existe.
Réfléchissons. Peut-être que notre plus grande force, c’est d’accepter de reconnaître ce péché qui nous rapproche du Christ. Je ne fais pas là l’apologie du péché !! Mais je vois que c’est dans ma faiblesse, mes laideurs que Christ vient me trouver. Le péché purifié par le Christ devient pour nous source d’humanité. C’est parce que je suis tombée que je peux tendre la main à mon prochain. Et c’est parce que je tends la main à mon prochain que Christ me reconnaîtra. Je peux user mes genoux sur des prie-Dieu, je peux égrainer frénétiquement les grains de mon chapelet et communier tous les jours. Je peux tout faire « comme il faut », mais si je n’aime pas mon prochain, alors je ne L’aime pas…

Il existera toujours des gens malheureux, blessés ou furieux. C’est la nature humaine, meurtrie. Mais c’est dans le Christ, et uniquement dans le Christ, qu’il faut chercher un sens, ou du moins une consolation. Jésus n’a pas traversé l’existence, Il en a vécu chaque instant, chaque moment. Les joies mais aussi les désillusions. C’est aussi pour nous aider à traverser la nôtre qu’Il a vécu la Sienne. Et pour qu’on garde la foi.
Rien par habitude, tout par Amour.

C.C.