Depuis le début de janvier, notre église veillant sur la commune de Léguevin depuis le XIV° siècle, est bardée d’échafaudages ! Que lui arrive-t-il ?
Au fil des siècles, les intempéries, l’âge, les dégradations causées par les pigeons … ont été la cause de plusieurs restaurations tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’édifice….
Cette année 2011, une rénovation de l’église va être réalisée en trois tranches :
- La première – prévue jusqu’à la fin du mois d’Avril- comporte la réfection complète de la toiture : 602 m² de surface recouverte de tuiles canal, remplacement des poutres endommagées, des descentes d’eau ….
- A partir du mois de Mai – après avoir fait le vide dans l’église et la sacristie, ce qui demandera de la main d’œuvre bénévole – les travaux intérieurs redonneront aux murs l’éclat des briques apparentes, au sol une douce chaleur grâce au chauffage intégré et au-dessus de nos têtes la beauté d’une charpente mise en valeur.
- La troisième tranche est réservée au revêtement extérieur de l’église, les maçons ayant, les années précédentes, signé l’arrêt de mort des vieilles églises en recouvrant leurs murs de ciment moderne… Il est indispensable de décaper tous les parements extérieurs et de rejointoyer les briques avec un mortier traditionnel à la chaux grasse.
Durant ces travaux où célébrerons-nous les offices ? Jusqu’à la fin d’Avril, nous pouvons nous retrouver dans l’église tant le week-end que durant la semaine. (Toutefois en raison du froid et de l’humidité, les messes matinales de la semaine sont assurées dans une salle du Presbytère).
A partir du mois de Mai, – après fermeture hermétique de la Halle – nous pourrons célébrer les messes dominicales en ce lieu riche en histoire, puisqu’y subsiste une arcature d’une chapelle datant du XIIème siècle, mais détruite en 1793 dans le cadre de la Terreur. Quelques mariages y seront célébrés à moins que les fiancés optent pour une église des paroisses avoisinantes.
Armons-nous de patience et remercions la municipalité qui prend soin de ces travaux nécessaires à la sécurité des paroissiens, à la conservation du patrimoine et à la beauté des lieux.
Histoire de cure
Quand on parle de cure, nous sommes peut-être tentés de penser à la cure de rajeunissement ou d’amaigrissement, de sommeil ou de repos, de désintoxication ou de dégrisement… et d’oublier celle du 15 Rue du Béarn, autrement dit la résidence du curé !
Grâce aux articles de Michel Aragon dans « Léguevin Information » et au « Cahier des Délibérations de la Fabrique de Léguevin » nous pouvons remonter dans le temps pour en découvrir son histoire, puisque nous sommes invités durant les travaux de l’église à nous y retrouver pour la messe de semaine.
Dès les années 1503-1504, le presbytère est construit entraînant à l’époque un procès opposant les Hospitaliers de Malte et les consuls au sujet de réparations à réaliser tant au presbytère qu’à l’église.
Le temps passant, des dégradations apparaissent au point qu’en 1745, il était signalé au Vicaire Général que la « maison curiale tombe ». (Léguevin Information Avril 1979).
Pour la commune, il est évident que « l’entreprise la plus importante, par la longueur et son coût, fut incontestablement la reconstruction du presbytère ». (Léguevin Information Décembre 1980). « Construit de 1774 à 1776 il offre l’exemple d’une maison riche du XVIIIème siècle ». (Léguevin Information Avril 1979)
Durant la Révolution et plus particulièrement en juillet 1790, l’agitation des esprits est telle que l’hôtel de ville est saccagé lors d’une bagarre et que « plus propre à tenir les assemblées (on installa) les services municipaux dans le ci-devant presbytère » (Léguevin Information Mars 1988)
Le rétablissement du culte catholique après le Concordat de 1801 avec le Pape rendait inévitables les travaux de restauration à l’église et au presbytère, ce dernier ayant été en partie occupé par l’administration municipale sous le Consulat et l’Empire. « Dans un village où tous les habitants sont catholiques il est extraordinaire que plus rien ne ferme dans la cure, on peut attenter à ma vie, il y pleut comme au milieu de la rue » écrit le curé en 1820 dans une plainte adressée auprès du Maire. (Léguevin Information Juin 1987). Des aménagements se feront jusqu’en 1825.
Dans le Registre des Procès Verbaux des Délibérations de la Fabrique de Léguevin, à la date du 30 novembre 1817, il est mentionné que les délibérations se font à la « Maison Curiale », terme changé en « Presbitère » le 22 Avril 1827 et en « Presbytère » le 14 Avril 1844.
Le 8 Août 1875, Mgr l’Archevêque autorise la cession à la commune d’une partie du jardin qui est en dehors de l’alignement de l’église.
A la session extraordinaire du Conseil de Fabrique du 13 Décembre 1906, en pleine effervescence de la Séparation de l’Eglise et de l’Etat, il est important de constater que « les Membres du Conseil croient devoir déclarer, au sujet du presbytère : – que le jardin est de ‘manse curiale’ sans doute aucun ; – que la maison a été bâtie pour le Curé-Doyen et affectée perpétuellement au logement du dit Curé-Doyen ; – que la situation et l’état des lieux indique suffisamment sa destination curiale ; – qu’il ne saurait être désaffecté sans inconvenance et sans iniquité ; – que si jamais la Commune avait à se prononcer sur la question de location, elle ne pourrait, sans méconnaitre les services rendus par tous les Curés (notamment, l’indemnité de la 2de Messe n’ayant jamais été payée par la Commune) exiger le moindre prix de location. »
A partir de 1979, sous les différentes municipalités, divers travaux seront réalisés dans le but de conserver en état les bâtiments et d’assurer un certain confort aux curés successifs. C’est ainsi qu’il y eut l’installation du chauffage central, la remise en conformité de l’installation électrique, le remaniement de la toiture, le nettoyage intérieur, les peintures extérieures…
PhCh Léguevin 09.04.2011



